Dans la Bible, le Saint-Esprit n’est pas décrit comme ayant une forme ou un corps mais Il est une personnalité qui possède l’intelligence, le sentiment, la volonté. Il manifeste tous les attributs d’une personne :
– Il parle (Jn 16/8 ; Apo 2/7 ; Act 21/11b) ;
C’est là un des aspects de la divine (Jn 14/16.20)
Dans le cadre de la TRINITE, le SAINT-ESPRIT est Dieu. Il en possède tous les attributs : Eternel, omniprésent, omnipotent, omniscient (Ps 139/7-10 ; Luc 1/35 ; 1Cor 2/10.11 ; Héb 9/14). L’Ecriture le place sur le même rang que le Père et le Fils (Mt 28/19 ; 1Cor 12/4.6 ; 2Cor 13/13 ; Apo 1/4). Ceci nous amène à conclure que le Saint-Esprit est une personne.
A- LES NOMS DU SAINT-ESPRIT 1- L’ESPRIT DE DIEU
L’Esprit est l’agent exécutif de la divinité sur le plan physique et moral. Par le Saint-Esprit, Dieu crée l’univers et le garde (Gen 2/7), par le Saint-Esprit, “le doigt de Dieu”, il convertit les pécheurs, sanctifie et soutient les croyants.
Il est ainsi appelé parce qu’il est envoyé au Nom de Christ et le représente dans sa plénitude (Jn 14/26), toutefois Jésus identifie sa présence à celle du Saint-Esprit (Mt 18/20 ; Jn 14/18). Il y a une unité parfaite avec le Christ, il réalise en Christ la plénitude de Dieu (Col 2/9).
Sa mission est de glorifier le Christ dans cette dispensation. Il rend réelle dans le croyant l’œuvre de Christ en y établissant sa demeure (Jn 14/23 ; 16/14 ; Gal 2/20 ; Rom 8/9.10).
Le Christ, devant quitter ses disciples, leur a donné la promesse d’un AUTRE CONSOLATEUR (Jn 14/16), n’étant plus là physiquement à leurs côtés pour les fortifier au milieu des combats, les défendre (PARACLETOS en grec ou ADVOCATUS en latin).
Le Saint-Esprit sera pour les disciples, d’une manière invisible, ce que Jésus avait été pour eux d’une manière visible sur terre.
Bien que, pour sa part, Jésus continue son rôle d’AVOCAT dans le ciel (1Jn 2/1), il est cependant présent avec et dans ses disciples sur la terre par le Saint-Esprit.
Jn 16/7 : « Il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Consolateur ne viendra pas vers vous, si je m’en vais-je vous l’enverrai. »
La venue du Consolateur est un avantage pour le croyant parce que le Saint-Esprit communique non plus avec le Christ terrestre mais le Christ Céleste et Glorifié (2Cor 5/16) et transmet au croyant les richesses de la Gloire de son héritage (Jn 16/14 ; Eph 1/7 ; 3/16).
Le Saint-Esprit est partie intégrante de Celui qui est SAINT. Son œuvre principale est la sanctification (2Thes 2/13).
C’est la plus haute prérogative du Messie ou du Christ que de communiquer l’une des plus grandes bénédictions promises dans l’Ancien Testament : l’effusion du Saint-Esprit (Ez 36/27 ; Joël 2/28 ; Luc 24/49 ; Gal 3/14).
Le Saint-Esprit est l’Esprit de Christ, Celui qui est la grâce et la vérité ( Jn 1/14-17 ; 5/33 ;
8/40 ; 14/6 ; 15/26 ; 18/37). Il communique au croyant ce qui est de Christ (Jn 16/13-14).
Le Saint-Esprit donne à l’homme la grâce de se repentir en luttant avec lui (Gen 6/3 ; Jn 16/8) ; il illumine l’intelligence (Job 32/8); il accorde des forces physiques (Jg 14/6.19) ; il rend capable de recevoir et de communiquer les révélations divines (Nb 11/25 ; 2Sam 23/2) ; il revêt de puissance les serviteurs de Dieu (Ps 51/14 ; Joël 2/28 ; Mi 3/8 ; Zach 4/6).
A l’œuvre sur le plan physique lors de la création (Gen 2/7), le Saint-Esprit continue son action par la vie nouvelle qu’il communique au croyant repenti, par l’œuvre de la nouvelle naissance (Jn 3/5).
En face des luttes et des déceptions de la terre, le croyant a besoin de réaliser intérieurement sa filiation divine en Jésus-Christ. C’est là encore une œuvre du Saint-Esprit (Rom 8/16 ; Gal 4/5.6 ; Eph 1/5).
B- LES SYMBOLES DE L’ESPRIT
Les symboles sont employés par Dieu pour mieux faire comprendre à l’homme ce que les mots ne sauraient transmettre. Les symboles du Saint-Esprit sont :
1- LE FEU (Es 4/4 ; Mt 3/11 ; Luc 3/16).
Il nous parle de nettoyage, de purification, de courage, de zèle produit par l’action du Saint-Esprit, comme le feu qui chauffe, illumine, se propage et purifie (Jér 20/9 ; Act 2/3).
2- LE VENT (Ez 37/7.10 ; Jn 3/8 ; Act 2/2).
Il symbolise l’œuvre régénératrice de l’Esprit, son action incompréhensible, indépendante et pénétrante.
3- L’EAU (Ex 17/6 ; Ez 36/25-27 ; 47/1 ; Jn 3/5 ; 4/14 ; 7/38-39).
Source d’eau vive, fleuve de vie, le Saint-Esprit réalise dans le domaine spirituel ce que l’eau fait dans le domaine physique : elle purifie, rafraîchit, désaltère, fertilise le sol, fait régner la propreté (Es 44/3 ; Joël 2/28.29).
Il marque une appartenance, une protection de la part du propriétaire (Rom 8/16). Les chrétiens ont été marqués du sceau de Dieu qui est le Saint-Esprit, gage de leur héritage à venir ; ils doivent prendre garde de préserver ce sceau (Eph 4/30).
C’est le symbole le plus courant du Saint-Esprit. Dans son emploi antique, l’huile nous parle de prospérité, de beauté, de fête, de joie (Ps 45/8 ; Es 61/3 ; Héb 1/9), de lumière (Ex 25/6), de force (la lutte) (Act 10/38).
Une version juive de la Thora traduit ainsi, Gen 1/2 : « l’Esprit de Dieu, tel une colombe, planait sur les eaux »
La colombe parle de paix et de réconciliation, (Gen 8/8-11), de simplicité, de pudeur, de discrétion (Cant 1/15 ; 4/1), de tranquillité et d’abondance (Cant 5/12). Elle est aussi l’expression de soupirs douloureux et inexprimables (Es 38/14 ; Rom 8/26).
Egalement symbole de joie, le vin peut être un symbole du Saint-Esprit qui console les cœurs brisés, blessés par les attaques de l’ennemi (Luc 10/34). Il donne la joie spirituelle (Ps 104/15).
D’autre part, sous ce symbole, le Saint-Esprit fait comprendre le sacrifice et les souffrances de Christ (Mt 26/28).
Il peut être également un symbole de l’adoration par le Saint-Esprit (Nb 15/5 ; 28/7).
Le don de l’Esprit est une preuve positive que nous sommes fils de Dieu par Jésus-Christ, devenus ainsi ses cohéritiers par le Saint-Esprit. (Rom 8/16-17,23 ; 2Cor 5/5 ; Eph 1/14).
A- LE SAINT-ESPRIT DANS L’ANCIEN TESTAMENT
On trouve trois manifestations de l’Esprit-Saint dans l’Ancien testament.
Il est la troisième personne de la Divinité par la puissance de laquelle l’univers a été créé (Gen 1/2 ; Job 26/13 ; Ps 33/6 ; 104/30). Il est la puissance vitale et organisatrice de tout l’univers. Il est l’origine de l’énergie universelle de la matière et des êtres et la source de l’intelligence (Gen 2/7 ; Job 33/4 ; Dan 5/23 ; Act 17/28 ; Job 32/8).
Suite à la perversion de la société humaine par le péché, Dieu dût susciter une nouvelle société et diriger celle-ci par une direction spirituelle : le Saint-Esprit. Ce fut la naissance du peuple d’Israël par l’appel d’Abraham, puis l’organisation de ce peuple par deux types d’ouvriers conduits par le Saint-Esprit et inspirés dans leur action :
Bien des actions particulières de soutien ou de régénération sont manifestées dans l’Ancien Testament par la puissance du Saint-Esprit (Ex 4/2-7 ; Deu 29/5 ; Ex 15/24-26 ; Jg 6/14 ; 16/28- 30 ; etc… Ps 51/13-14).
B- LE SAINT-ESPRIT DANS LE NOUVEAU TESTAMENT
Le nouveau Testament nous introduit dans la dispensation de la Grace dans laquelle, associé intimement à l’œuvre de Jésus-Christ, Le Saint-Esprit tient une place prépondérante.
Le Saint-Esprit est l’agent de la conception miraculeuse de Jésus (Mt 1/20 ; Luc 1/35). C’est ainsi que, bien que né dans la chair par le sein de Marie, il n’en est moins “le Saint, le Fils de Dieu il est au ciel” (Jn 8/23 ; 1Cor 15/45-47).
Le Saint-Esprit vient lui accorder l’onction et la puissance pour le service dans un témoignage divin public (Mt 3/37).
Il fut conduit dans le désert par l’Esprit pour y être tenté (Mc 1/12). C’est l’école de Dieu, la formation nécessaire à un ministère efficace. Après avoir vaincu l’égoïsme, la vaine gloire et l’esprit de domination propre à la nature de l’homme et éléments essentiels de la tentation diabolique, Jésus, remplit du Saint-Esprit, accomplit les écritures, prononce les paroles de Dieu et accomplit les miracles (Luc 4/18 ; 11/20 ; etc…).
Il a fallu toute la puissance du Saint-Esprit pour maintenir Jésus dans l’amour et la volonté inflexible de soumettre tout son être au plan du Père pour le salut de l’humanité, malgré la souffrance physique, morale et spirituelle (Mt 26/37-46 ; 27/46 ; Luc 22/41-46 ; Heb 5/7-8).
Le Saint-Esprit est l’agent régénérateur de la résurrection, il agit en parfaite union avec le Père pour ramener Jésus d’entre les morts (Rom 1/4 ; 8/11 ; 10/9 ; Gal 1/1 ; Eph 1/19-20 ; Col 2/12).
Jn 16/8 : « Il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement. »
Le Saint-Esprit agit en accusateur pour créer la conviction de péché dans le monde et lui faire prendre conscience des vérités spirituelles fondamentales que sa nature déchue lui a voilées (Gen 6/3 ; Rom 2/14-16).
Le plus grand péché de l’humanité est le rejet volontaire du seul moyen de salut que Dieu lui a donné en Jésus-Christ : c’est de l’incrédulité. Celle-ci est un aveuglement diabolique. Seule une action puissance du Saint-Esprit peut en délivrer l’âme (Jn 16/9 ; 3/36).
« Le Saint-Esprit et le juste » (Act 3/14) a été bafoué et ignominieusement mis à mort de la manière la plus vile. Il était de la justice de Dieu de le rétablir en dignité ” dans la gloire qu’Il avait auprès de Lui avant que le monde fut ” (Jn 17/5). C’est le Saint-Esprit qui convainc l’homme de la résurrection et de l’ascension de Jésus-Christ, élément essentiel au salut dans le principe de la justification divine du croyant (Rom 4/25 ; 1Cor 15/12-14, 17).
Le jugement qui s’est abattu implacablement sur la personne de Christ à la croix alors qu’il incarnait l’humanité déchue, le péché et ses conséquences, ainsi que les puissances de ténèbres qui en sont les instigatrices, montre que le jugement de Dieu s’abat et s’abattra inexorablement sur les coupables. Leur incrédulité les prive du bénéfice du sacrifice expiatoire réalisé à la croix (Rom 2/16). Ce jugement montre ainsi que la puissance du diable a été anéantie dans la vie des croyants (Rom 16/20 ; Col 2/15 ; Héb 2/14-15 ; 1Jn 3/8).
1°) La régénération :
C’est le Saint-Esprit qui, après avoir convaincu l’homme de péché, le conduit dans la repentance et la conversion, amenant l’âme à s’identifier à la mort de Christ par la foi. Mais là ne s’arrête pas son œuvre car, de même qu’il a ressuscité Christ d’entre les morts, il régénère le croyant lui accordant une vie nouvelle, surnaturelle et divine par l’identification de la foi (Jn 3/3, 5-6 ; Rom 6/4-7 ; Tit 3/5 ; 1Pi 1/5 ; 2Pi 1/4). Le Saint-Esprit vivifie, dans la compréhension du croyant, le message de la Parole de Dieu, afin de le rendre efficace dans l’œuvre de régénération (Rom 12/2 ; 2Cor 3/6 ; 1Thes 1/5 ; 1Pi 1/23).
2°) La résidence intérieure :
Selon la promesse de Jésus lui-même (Jn 14/17), le Saint-Esprit vient demeurer dans le croyant, lequel peut alors entretenir une communion intime avec Dieu dans la plénitude de la Divinité (Rom 8/9 ; 1Cor 6/17,19 ; Col 1/27 ; 2Tim 1/14 ; 1Jn 2/27 ; Apo 3/20).
3°) La sanctification :
La présence du Saint-Esprit dans l’enfant de Dieu ne rend pas immédiatement ce dernier parfait mais il l’affranchit de la loi du péché qui, autrefois, le dominait malgré lui (Rom 7/18-23 ; 8/2-4). De plus, par un travail progressif, il le conduit dans une voie de sainteté (2Thes 2/13 ; Héb 10/29 ; 1Pi 1/2). Cette œuvre de sanctification rend le croyant capable de réaliser sa position de fils de Dieu. C’est ce dont le Saint-Esprit témoigne à son esprit (Rom 8/16).
La vie nouvelle par le Saint-Esprit dans le croyant produit des fruits et des qualités à la ressemblance de Christ, pour la gloire de Dieu (Jn 15/8 ; Rom 5/5 ; 14/17 ; 15/13 ; Gal 5/22- 25).
4°) L’éducation :
Outre le travail d’éducation morale que le Saint-Esprit opère par la sanctification, un travail d’enseignement spirituel dans la connaissance des vérités divines est entrepris dans le cœur de l’enfant de Dieu (1Jn 2/20-21, 27). Toutefois, ” être enseigné de Dieu ” ne dispense pas le chrétien de recevoir ce que Dieu a déjà enseigné à d’autres chrétiens au travers de Sa Parole et par son Esprit (Jn 6/63 ; Eph 5/18 ; 6/17 ; Col 3/16). Après avoir enseigné, le Saint-Esprit rappelle les paroles de la Vérité au moment opportun (Jn 14/26). Il donne l’illumination pour la compréhension de la Parole inspirée de Dieu (théopneustie) (1Cor 2/9-14). Le Saint-Esprit donne ensuite la capacité à l’enfant de Dieu de transmettre sa connaissance aux autres par le témoignage, la prédication, l’enseignement (Jn 15/26 ; Act 1/8 ; 1Cor 2/1, 5 ; 1Thes 1/5).
a) Sa nature :
1°) Il est le fruit d’une promesse divine d’abord annoncé par Jean-Baptiste (Jn 1/33) puis confirmé par Jésus lui-même (Jn 14/16 ; Act 1/4-5, 8).
2°) Il est une manifestation de puissance de l’Esprit de Dieu au travers de l’enfant de Dieu (Act 1/8 ; 1Cor 2/4 ; 12/2 ; 2Cor 4/7 ; etc…).
3°) Il est distinct de l’action de régénération et d’habitation du Saint-Esprit, laquelle se réalise à la conversion. Dans Actes 1/5, ayant accompli l’œuvre du salut par sa mort et sa résurrection, ayant ouvert l’esprit de ses disciples par l’action du Saint-Esprit pour qu’ils comprennent les Ecritures (Luc 24/45 ; Jn 20/22) et que l’action de régénération puisse s’accomplir en eux, Jésus s’adresse à un groupe de gens convertis mais sans puissance pour l’œuvre à accomplir. C’est pourquoi il leur recommande d’attendre à Jérusalem l’effusion de la puissance du Saint-Esprit. C’est le jour de la Pentecôte que cette expérience se réalisera en eux d’une manière distincte (Act 2/1-4). Dans Actes 8/12-13, nous voyons des gens qui se convertissent et se font baptiser d’eau, suite à la prédication de Philippe. Mais les versets 14 à 17 nous montrent une intervention de Pierre et de Jean qui prièrent pour eux afin qu’ils reçoivent le Saint-Esprit « car Il n’était encore descendu sur aucun d’eux, ils avaient été seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus ».
Nous voyons le même processus dans Act 19/1-6. Nous pouvons conclure qu’un homme peut être régénéré et sauvé par l’action du Saint-Esprit sans pour autant avoir reçu le revêtement de puissance par le baptême du Saint-Esprit.
4°) Il est une manifestation surnaturelle tangible (Act 2/1-4), se manifestant par le “parler en langues” vu et entendu de la part des observateurs extérieurs au récepteur (Act 2/4- 12 ; 8/18 ; 10/44-46 ; 19/1-6). C’est la preuve extérieure de ce baptême.
NOTE : Ce “parler en langues” peut avoir deux formes ayant chacune une appellation scientifique particulière :
5°) Le mot “baptême” employé dans l’expression “baptême du Saint-Esprit ” est une image pour montrer recouvrement, une plénitude d’onction semblable à une immersion dans un bain de puissance spirituelle et de communion divine. Le même mot est employé par Jésus pour parler du « bain de souffrances » dans lequel il doit être plongé en acceptant la crucifixion (Mc 10/38-39). Cette immersion (baptismos) spirituelle est aussi définie et concrète que celle du baptême d’eau, de telle sorte que l’on sait si l’on est ou non baptisé du Saint-Esprit ( Act 8/15-16). C’est ainsi que, dans l’Eglise Primitive, une différenciation de place était faite, parmi les convertis, entre “l’homme du peuple” (traduit aussi par « celui qui n’a pas le don ») que certains théologiens ont décrit comme “celui qui attend le moment décisif où l’Esprit doit descendre sur lui “, et celui qui possède le don du Saint-Esprit et les manifestations qui l’accompagnent (1Cor 14/16, 23).
b) But du baptême du Saint-Esprit :
Le baptême du Saint-Esprit a pour but principal d’accorder la puissance divine à l’enfant de Dieu pour le rendre efficace dans son service de témoin de Christ (Act 1/5, 8 ; 2/4 ; 9/17-18, 20 ; 1Cor 12/4-11, 13). Ce serait une erreur de rechercher le baptême du Saint-Esprit pour pouvoir parler en langue ou pour être sanctifié ou libéré ou même pour le plaisir d’exercer quelque don surnaturelle. Le but de ce baptême et la motivation de sa recherche doivent être l’efficacité du service pour le Seigneur afin que son œuvre avance et que Son Nom soit glorifié ( Rom 11/14 ; 15/17-19). Cependant, ce baptême “d’Esprit-Saint et de feu ” a comme conséquence seconde l’œuvre du feu qui purifie, affine, fait fondre les scories, consume, éclaire, irradie, anime, se répand… Et c’est aussi ce dont l’Eglise a besoin.
c) Manière de réception
1°) Etre convaincu de sa nécessité :
Les disciples de Jésus étaient particulièrement bien préparés pour prêcher l’Evangile après trois ans et demi passés avec le Maître. D’autre part, il était urgent que cette petite poignée de gens ayant reçu la lumière puisse la répandre dans un monde enténébré… Malgré cela, Jésus leur dit d’attendre d’être revêtus de la puissance d’En-haut avant de commencer à témoigner (Luc 24/48-49 ; Act 1/4-5, 8). Nous avons là une preuve de l’importance capitale de la réception de ce baptême du Saint-Esprit pour accomplir l’œuvre de Dieu.
Jésus lui-même n’entreprit rien de son ministère sans avoir été « oint du Saint-Esprit et de puissance » (Act 10/38 ; Luc 3/22 ; 4/1, 14,18).
Lorsque les apôtres trouvaient des croyants en Christ, convertis et baptisés d’eau (donc sauvés et régénérés par l’action du Saint-Esprit), ils leur demandaient immédiatement “s’ils avaient reçu le Saint-Esprit “. Si non, ils les enseignaient pour qu’ils le reçoivent sans tarder. Nous trouvons une telle attitude et une telle question (bien que dans des conditions différentes) dans Act 8/14-17 et 19/1-7. Ceci nous montre que les apôtres considéraient le baptême du Saint-Esprit comme une nécessaire à chaque chrétien pour le service que Christ attend de lui.
2°) Les bénéficiaires de la promesse :
Act 2/39 nous montre l’étendue de la promesse dans le temps et dans l’espace : « La promesse est pour vous (temps, présent, actuel) et pour vos enfants (générations à venir, sans qu’une limite particulière soit mentionnée) et pour tous ceux qui sont au loin (peut se comprendre aussi bien dans l’espace que dans le temps), en aussi grand nombre que le Seigneur
notre Dieu les appellera (ce n’est pas limité aux disciples, ni aux Pères de l’Eglise, ni à l’Eglise Primitive, ni aux ministères particuliers… mais à tous ceux que le Seigneur appellera au salut).
3°) Les conditions de réception :
Act 2/39 nous montre les conditions fondamentales et préliminaires à la réception du baptême dans le Saint-Esprit :
4°) Les moyens de réception :
L’attitude des disciples à la Pentecôte est une première indication :
Act 1/14 : « Tous d’un commun accord, persévéraient dans la prière, avec les femmes et Marie, mère de Jésus, et avec les frères de Jésus ». Nous voyons ici des attitudes en relation avec la collectivité :
a1) La prière collective : Le plus souvent la réception du baptême du Saint- Esprit se fait dans le cadre de l’assemblée où la foi de chacun est soutenue par les autres et où la persévérance dans la prière fervente trouve émulation au contact de ceux qui sont déjà été exaucés. On peut aussi y trouver conseils et encouragements dans la foi de la part des dirigeants spirituels.
D’autre part, ce texte met en valeur des attitudes valables, tant sur le plan individuel que collectif, pour être dans une position spirituelle favorable.
— “d’un commun accord” : l’harmonie et la paix dans la communion fraternelle. Ceci implique des mises en ordre, des pardons, des réconciliations « afin que rien ne vienne faire obstacles à vos prières » (1Pi 3/7 ; 1Tim 2/8).
— “persévéraient” : C’est maintenir un effort prolongé. Les premiers disciples durent attendre 10 jours (nombre de l’obéissance). Ce fut surement un temps de mise au point dans les vies pour les rendre conformes à la volonté de Dieu.
— “avec les femmes” : dans le judaïsme, les femmes n’avaient aucune part dans l’œuvre spirituelle. C’est ici la mise en évidence d’un état nouveau dans lequel chacun doit être
reconnu à sa juste valeur, sans ségrégation ni favoritisme, en tant que membre du corps de Christ utile au bon fonctionnement de celui-ci. (1Cor 12/12-27).
— “et Marie, mère de Jésus” : pendant tout le ministère de Jésus, nous la voyons sans cesse tiraillée entre l’espérance et le doute, la foi et l’incrédulité, l’acceptation et le refus, la collaboration et l’opposition par rapport à ce “Fils de l’homme” qui lui échappe totalement et qu’elle ne comprend pas. Mais nous la retrouvons ici soumise, brisée, vaincue, mais heureuse et pleine d’espérance, s’appuyant désormais sur les promesses de Dieu et non sur les sentiments humains, devant Celui qui avait pu lui dire sans qu’elle le comprenne: “femme, qu’y-a-t-il entre moi et toi ?” (Jn 2/4).
Ainsi, cette humble soumission est nécessaire à l’âme qui désire la bénédiction (Jc 4/6; 1Pi 5/5).
— “et les frères de Jésus” : eux se sont ouvertement opposés à lui dès le début “car ils ne croyaient pas en lui” (Jn 7/5). Ils ont dû bien souvent s’opposer aux disciples par incompréhension, et bien des choses ont dues être réglées pour en venir à ce “commun accord” dans l’attente de la promesse.
Act 8/17: “Pierre et Jean leur imposèrent les mains et ils reçurent le Saint-Esprit”.
b1) L’imposition des mains: c’est l’acte biblique de communication de l’onction du Saint-Esprit. Il représente ici une identification dans la communion fraternelle et une intercession de la grâce divine de la part de celui qui la possède déjà (Act 9/17; 19/6).
Dans la plupart des cas de la manifestation du parler en langues, signe initial du baptême du Saint-Esprit, se réalise au sein de l’assemblée après imposition des mains ou en même temps que celui-ci. Toutefois, il n’est pas rare que, suite à l’imposition des mains dans le cadre de l’assemblée, une personne manifeste pour la première fois son baptême du Saint-Esprit chez elle, au cours d’un moment de prière. Elle aura l’occasion ensuite de le manifester dans l’assemblée.
Dans d’autres cas plus rares, une personne peut recevoir, chez elle, sans avoir eu l’imposition des mains, le baptême du Saint-Esprit, suite à une prière de foi personnelle: mais ce n’est pas la règle générale.
Des baptêmes du Saint-Esprit peuvent également avoir lieu d’une manière spontanée au sein de l’assemblée sans qu’il y ait eu prière spéciale ou imposition des mains (Act 10/44; 15/8- 9).
5°) Principaux obstacles à la réception.
— L’ignorance (Act 19/1-7). Bien des enseignements religieux sont incomplets, et, particulièrement en relation avec cette partie importante de l’expérience spirituelle pratique.
— L’incrédulité (Act 2/13). C’est le refus de croire à une vérité évidente ou à une promesse divine en évoquant des excuses ou des explications à valeur douteuse et malhonnête.
— Les motivations impures (Act 8/18-24; Jc 4/3). C’est rechercher le don dans un désir d’orgueil, de gloire ou de domination; c’est rechercher, au travers de la piété, une source de gains (1Tim 6/5-6).
— Le manque de désir (Mt 7/11; Luc 11/13; Jn 7/37-39; Jc 4/2). C’est se satisfaire de l’expérience du salut, c’est un manque de zèle pour l’œuvre de Dieu, c’est une autosatisfaction dans la médiocrité, c’est de l’égoïsme (Apo 3/14), c’est de la paresse (Mt 25/26; Rom 12/11).
— Le manque de prière (Lc 3/21; Act 10/2, 44). Dieu n’impose à personne ses bénédictions, Il attend que l’homme réalise son besoin et demande précisément une grâce au “Pères des lumières” (Jc 1/16-17) pour bien réaliser que c’est de Lui qu’il reçoit la bénédiction (Lc 11/9- 10)
— Le manque d’abandon à la volonté de Dieu (1Cor 14/14; Eph 4/30). C’est une résistance consciente ou inconsciente à l’action et à la poussée intérieure du Saint-Esprit, un réfus du “Moi” à se livrer entièrement au “débordement” du baptême du Saint-Esprit et à ses manifestations; C’est une crainte de ne plus contrôler son “Moi” ou de recevoir “autre chose que ce qui est désiré (voir Lc 11/11-13).
— Le manque de foi véritable (Heb 11/1, 6; Mc 11/24; Jc 1/6-7). La foi véritable est “cette ferme assurance”, cette “démonstration”, cette réception confiante de la chose demandée. Ce n’est pas de la mendicité douteuse mais c’est l’affirmation des promesses de Dieu et de sa fidélité.
— Le manque de persévérance (Gen 32/26; Lc 24/49; Act 1/4; 14). Certains obstacles peuvent exister dans le domaine spirituel mais la prière persévérante de la foi aura son exaucement. Les premiers disciples sont restés 10 jours dans l’obéissance de la foi persévérante.
— La désobéissance (Act 5/32). Le don du Saint-Esprit est accordé pour un service dans le plan de Dieu. Une attitude de désobéissance pour des raisons quelconques empêche la manifestation de l’Esprit puisque celle-ci ne serait pas utilisée dans le plan de la volonté de Dieu par le receveur. D’autre part, oser demander une grâce à Dieu alors qu’on refuse de lui obéir est une contradiction.
— Les idées préconçues erronées peuvent aussi entraîner toutes sortes de craintes qui paralysent la foi, elles viennent d’un “enseignement” parallèle, de “on-dit” colporté par des gens inexpérimentés. Il faut fermer les oreilles à ces bavardages et faire confiance au Dieu sage et aimant en s’appuyant uniquement sur les déclarations de Sa Parole.
6°) La continuité de l’expérience.
Le fait d’être “rempli de l’Esprit” est en relation avec le service pour Dieu mais cela se manifeste aussi dans le cadre de la vie courante. Or cet état, acquis pour la première fois lors du baptême dans le Saint-Esprit, a besoin d’être entretenu ou renouvelé dans la communion avec Dieu car l’homme est un “consommateur de la grâce”. Etre “plein de l’Esprit” (Act 6/3; 7/55; 11/24) devrait être l’état normal du croyant sanctifié qui vit intimement avec son Dieu (Eph 5/18).
Toutefois, dans des cas particuliers, des onctions spéciales du Saint-Esprit sont nécessaires pour faire face à des situations délicates. Nous en trouvons plusieurs exemples dans le livre des Actes des apôtres (Act 4/8,31; 13/9; etc…)
Le Saint-Esprit étant une personne il est possible de pécher contre lui en l’affligeant, lui mentant, lui résistant, en éteignant ses œuvres (Act 5/3, 4 ; 7/51 ; Eph 4/30 ; 1Thes 5/19).
Mais Jésus parle d’un péché particulier “qui ne sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir” (Mt 12/32) et qu’il appelle “le blasphème contre le Saint-Esprit“. En quoi consiste-t-il ?
Si nous considérons le texte de Mt 12/22-37, nous voyons qu’il ne s’agit pas, de la part des pharisiens, d’un jugement par ignorance concernant les œuvres de l’Esprit de Dieu (ici au travers de Jésus), mais il s’agit d’une rébellion ouverte à la révélation évidente de la puissance de Dieu, en pleine connaissance des faits. C’est un rejet volontaire de la souveraineté divine sous prétextes fallacieux (trompeurs, faux) ; c’est un acte de révolte implicite contre Dieu.
Étant une identification à l’œuvre diabolique qui a fait chuter l’archange devenu Satan, le blasphème contre le Saint-Esprit en subit la même condamnation ; le châtiment éternel du fait que son auteur ne veut ni ne peut se repentir, ayant agi délibérément, en toute connaissance de cause.
Cela est valable pour le païen incrédule et endurci a fait “naufrage par rapport à la foi ” (1Tim 1/19) et dont le cas est décrit dans l’épître aux hébreux (6/4,6 ; 10/26.31). Il a “foulé aux pieds le fils de Dieu et tenu pour profane le sang de l’alliance… Il a outragé l’Esprit de la grâce” ; il ne peut donc plus avoir accès à cette grâce et la condamnation demeure sur lui. C’est une chute définitive.
C – L’ESPRIT DANS L’EGLISE.
1 – LES DONS SPIRITUELS.
1Cor 12/1.11 ; Dieu ne veut pas que nous soyons dans l’ignorance à ce sujet. Il ne faut pas confondre les “dons spirituels” avec les dons naturels propres à chaque individu (capacité pour certains travaux, talents artistiques ou oratoires, etc.). Les dons spirituels sont surnaturels, ils viennent du Saint-Esprit (1Cor 12/4-11). Dès qu’il y’a baptême du Saint-Esprit, il faut désirer les dons spirituels et s’attendre à leur manifestation dans une pleine soumission à la volonté de Dieu, car c’est le Saint-Esprit qui accorde à chacun le don (ou les dons) nécessaires à la bonne marche de l’église (v. 11) dans un équilibre harmonieux. Les dons nécessaires à la croissance du corps de Christ (1Cor 12/12-13, 27-30) ; il ne faut pas les mépriser ou les rejeter (1Cor 12/14- 25) ; il faut, au contraire, prier pour recevoir et exercer la foi pour les pratiquer en conformité avec la parole de Dieu (Rom 12/6) et dans l’amour (1Cor 12/31 ; 13/1-2).
L’exercice des dons doit se faire dans le cadre de l’église pour qu’il y’ait édification commune et contrôle (1Cor 12/7 ; 14/29 ; Eph 4/7-16 ; 1Pi 4/10-11). (Il y’a un danger dans l’exercice des dons en privé pour soi ou dans groupe restreint, sans la présence d’un responsable spirituel expérimenté).
Dans 1Cor 12/8-10, nous avons la liste des dons spirituels. Ils n’y sont pas mentionnés dans un ordre catégoriel rigoureux. Cependant, on y distingue trois catégories possédant chacune trois dons, soit, en tout, neuf :
1°) Les dons de révélations.
C’est le don spirituel le plus important. On le trouve manifesté aussi bien dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau Testament.
Définition : La parole de sagesse est la révélation surnaturelle, par l’esprit de Dieu, des plans divins, de la pensée ou de la volonté divine concernant des choses, des endroits, des individus, des communautés, ou des nations dans l’avenir. Elle s’accompagne souvent d’ordres relatif à l’accomplissement des faits (Deu 5/32-33 ; 6/1-2 ; 1Roi 21/18-19 ; 2Chr 20/16-17 ; Act 10/9-10 ; 27/21-26 ; 1Thes 4/16 ; etc…). Elle fait entrer l’esprit humain dans la SAGESSE DIVINE (Science, connaissance, révélation de la personne de Dieu, de ses plans ou de ses desseins) dans le but d’instruire, d’édifier ou de diriger le peuple de Dieu. (Gal 1/12 ; Eph 1/8-10 ; 3/3-5).
– Par un songe (Gen 28/12-15 ; 31/10-13).
26/16).
b1) La parole de connaissance.
C’est le second don mentionné par ordre d’importance, de le même nature que la parole de sagesse, il entre dans le domaine des choses connues de Dieu pour qui tout est présent dans le temps ou dans l’espace sans que rien ou quiconque puisse échapper à son contrôle.
Définition : La parole de connaissance est la révélation surnaturelle, par l’Esprit de Dieu, d’une parcelle de la connaissance divine concernant un homme, un fait, un lieu, un évènement, une pensée, un état spirituel, moral ou physique ou un projet humain à un instant déterminé (Deu 29/29 ; Ps 90/8 ; Jér 16/17 ; Heb 4/13).
– C’est généralement une révélation intérieure physiquement inaudible ; toutefois, Dieu peut aussi s’adresser audiblement à l’un de ses enfants (1Sam 3/4-14).
12/15 ; Jn 2/24).
c1) Le discernement des esprits :
Avec ce don faisant suite aux deux autres se trouve complétée la totalité des possibilités de révélation divine concernant les choses et les êtres matériels ou spirituels, dans le temps et dans l’espace. Le terrain d’application de ce dernier est spécifique, il ne concerne que les esprits célestes, leur identification et leurs actions. Le discernement des esprits ne s’applique pas à l’esprit humain (3e partie de notre être = corps, âme et esprit : 1Thes 5/23) car celui-ci est naturel. Seuls le divin et le satanique sont surnaturels.
Définition : Le discernement des esprits est la révélation surnaturelle, par l’esprit de Dieu, de la source et de la véritable nature (divine ou satanique) d’une manifestation surnaturelle ou des conséquences d’une présence surnaturelle (phénomènes physiques ou matériels, maladies ou guérisons, possessions ou exorcisme).
NOTA: Un croyant né de nouveau (régénéré) et fidèle dans sa marche avec Dieu ne peut être possédé (ou démonisé), c’est-à-dire habité par des esprits de démons. Il n’est toutefois pas exempt des influences extérieures ou des velléités charnelles.
2°) Les dons de puissances
a1) Le don de foi
C’est le plus grand des dons de puissance. La foi de ce don n’a rien à voir avec la “foi naturelle” ou immanente de l’homme ni même avec la “foi “surnaturelle” ou “transcendante” qui est communiqué par le Saint-Esprit au travers de la Parole de Dieu et qui donne accès au salut et aux grâces de Dieu. Le “don de foi” vient après le baptême dans le Saint-Esprit.
Définition: Le don de foi est l’onction surnaturelle communiqué par le Saint-Esprit dans un moment et une circonstance précise pour qu’une parole ou une volonté exprimée par le récepteur du don devienne créatrice de faits. Cet effet générateur de la parole s’applique dans tous les domaines: bénédiction ou malédiction, création ou destruction, action sur les éléments naturels.
b1) Le don des miracles :
Le sens général du mot “miracle” est une “œuvre admirable”. Toutefois la Bible lui donne un sens particulier qui est une intervention surnaturelle dans l’ordre établit des choses naturelles pour en interrompre les lois physiques ordinaires afin d’accomplir la chose désirée. Dans ce sens, seules les forces surnaturelles de l’Esprit de Dieu ou des esprits diaboliques peuvent réaliser le miracle. Dans le cas des forces diaboliques, le miracle est appelé “miracle trompeur ou mensonger” bien qu’il soit réel dans sa manifestation (Act 8/9-11; 2Thes 2/9).
Définition : Le don des miracles est une manifestation surnaturelle, par l’Esprit- Saint, de la puissance divine pour suspendre ou transformer le cours des lois physiques naturelles afin de réaliser une œuvre matérielle particulière pour la gloire de Dieu et la réalisation de son plan.
NOTA : Les réalisations sur le plan du corps humain ne font pas partie de ce don mais doivent être classées dans les dons de guérisons.
c1) Le don des guérisons.
La maladie et ses conséquences ont été introduites dans le monde à cause de la chute de l’homme. C’est le fruit de l’œuvre diabolique, laquelle a été détruite par Jésus-Christ à la croix. C’est pourquoi Jésus, par la puissance du Saint-Esprit a donné le don des guérisons à l’Eglise afin de lutter contre les œuvres du diable.
Dans le texte original (1Cor 12/9, 28, 30) le mot “dons” est au pluriel: “les dons des guérisons”. Il semble donc que ce don forme un groupe de don en lui-même, chaque don s’appliquant à un type précis de guérison.
Définition : Le don des guérisons est la manifestation surnaturelle, par le Saint-Esprit, de la puissance divine pour guérir tous les maux physiques humains, qu’ils soient organiques, fonctionnels ou nerveux, aigus ou chroniques, quelle qu’en soit l’origine (accidentelle ou maladive).
3°) Les dons d’inspiration (dons vocaux).
a1) La prophétie
Les mots hébreux qui correspondent à l’expression de la prophétie peuvent avoir plusieurs significations selon leur contexte. En voici quelques-unes: “couler comme une source de ou un torrent qui bouillonne”, “laisser tomber”, comme par le débordement d’un vase trop plein: “soulever ou élever ou éclater” comme un jaillissement, comme un son éclatant de trompette, comme un signal, une bannière.
Le mot grec duquel vient le mot français “prophétiser” signifie “parler pour (Dieu)”, être un porte-parole, un messager de Dieu. Le don de prophétie est le don le plus important dans les dons d’inspiration.
Définition : Le don de prophétie est l’expression surnaturelle, par le Saint-Esprit, d’un message divin pour encourager, exhorter, reprendre, censurer, diriger, éclairer les âmes dans le cadre de l’Eglise. C’est une inspiration instantanée qui n’a pas de relation avec la connaissance ou les pensées de l’homme.
Une personne connaissance une situation particulière devrait s’abstenir de prophétiser sur le sujet (même s’il y a inspiration pour communiquer une parole divine) et laisser la place à une personne “neutre” ayant aussi le don de prophétie et pouvant communiquer la même parole divine.
La promesse de ce don se trouve l’Ancien Testament ( Es 28/11); elle est réalisée à la pentecôte (Act 2/4); elle est perpétuée dans l’église primitive (Act 10/46; 11/15; 19/6; 1Cor 12/28-30). Toutefois, dans l’expression du “parler en langue”, il est important de faire dès le départ une distinction entre “le signe initial du baptême dans le Saint-Esprit” et l’exercice au sein de l’assemblée, du “don spirituel” qui recevra une interprétation (ou sera compris directement par un individu particulier auquel il s’adresse) et qui est un message divin.
Le simple “parler en langue” sert à la piété personnelle, le locuteur s’édifie lui-même par le Saint-Esprit bien que ne comprenant ce qu’il dit (1Cor 14/2, 14, 16 ,17). Ce “parler en langue”, simple exaltation de l’âme sous l’onction du Saint-Esprit, ne doit pas s’exprimer à voix haute dans le cadre de l’assemblée. Seul le “don spirituel” devra s’y exprimer hautement afin de recevoir une interprétation.
Définition: Le don des langues est la manifestation surnaturelle, par le Saint- Esprit, d’un parler en une langue inconnue du locuteur et aussi, le plus souvent, des auditeurs pour exprimer une pensée divine utile à l’assemblée de la communauté ou à un ou plusieurs individus au sein de celle-ci.
Cette pensée sera rendue accessible au destinataire par la manifestation du “don d’interprétation des langues” qui communiquera le message dans la langue usuelle de l’auditoire.
c1) L’interprétations langues
Le don d’interprétation des langues est directement lié au don des langues; ce sont les deux seuls dons pour lesquels on ne trouve pas d’expression dans le cadre de l’Ancienne Alliance: Jésus lui-même ne les a pas manifestés; ils sont une particularité de l’église.
Définition : Le don d’interprétation des langues est la manifestation surnaturelle, par l’Esprit-Saint, du contenu d’un “parler en langue inconnues” exprimé dans une langue connue par l’auditoire auquel il s’adresse. Le locuteur de ce don ne comprend pas le parler en langues qu’il interprète. L’interprétation n’est pas une traduction littérale. Elle est une expression sémantique du parler en langues.
Elles sont les mêmes que celles du don de prophétie.
1°) Principes de fonctionnement.
Le mot “don” (charismata) employé dans 1Cor 12/4, 9, 31 a la racine grecque que le mot “grâce” (charis) qui signifie “faveur imméritée”, “don gratuit”. Cette première constatation nous amène à réaliser sur quelle base le don sera obtenu : ni par un mérite, ni par un marchandage avec Dieu, ni par une conduite parfaite et une sainteté absolue, ni par des pleurs… mais par la FOI dans les promesses de Dieu, cette même foi qui a fait accepter au chrétien “le don gratuit de Dieu qui est la vie éternelle par Jésus-Christ” (Rom 6/23).
D’autre part, parlant des dons spirituels, Paul dira : ” désirez sérieusement (original grec) les dons spirituels” (1Cor 14/1), “priez pour obtenir le don d’interprétation” (1Cor 14/13, 39). Cette deuxième constatation nous amène à réaliser la nécessité d’une ACTION de la VOLONTE, laquelle est, d’ailleurs, inséparable de la FOI véritable puisqu’elle la concrétise (Jc 2/17.18, 22). L’exercice des dons demandera donc un engagement de la volonté et donc de la responsabilité de celui qui les pratique
Enfin l’apôtre ajoutera : “puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l’édification de l’Eglise que vous cherchiez à en posséder abondamment” (1Cor 14/12). Cette troisième constatation nous amène à réaliser la nécessité d’un ETAT D’ESPRIT, d’une motivation particulière pour recevoir et bien exercer les dons spirituels: l’AMOUR de l’œuvre de Dieu et de ceux qui la composent. C’est encore un élément lié à la FOI car celle-ci est agissante par l’amour (1Cor 13/1.2, 4.7; Gal 5/6). Les dons sont accordés par le Seigneur aux membres de son corps qui
est l’Eglise pour l’utilité commune (1Cor 12/7); il peut donc accorder le don qu’Il veut à qui Il veut quels que soient le lieu et le temps, selon les nécessités de son œuvre. Le chrétien dans l’amour acceptera donc cette volonté souveraine du Saint-Esprit et n’enviera pas tel frère ou telle sœur pour un don que lui-même ne possède pas. De plus, il ne limitera pas l’exercice de certains dons à quelques “spécialistes” dans l’assemblée (1Cor 12/11).
2°) Les moyens de réception.
Considérant la souveraineté de Dieu dans l’action du Saint-Esprit, il va de soi que l’obtention des dons spirituels n’a rien de mécanique ou d’humain. Des imitations charnelles peuvent avoir lieu (même sans mauvaises intentions de la part de celui qui les pratiquent, mais plutôt par manque de connaissance ou d’expérience) .Seule une onction réelle du Saint-Esprit peut vivifier l’action humaine dans l’exercice du don ou dans la communication de ceux-ci.
Nous avons vu que la PRIERE et l’ACTION VOLONTAIRE de la FOI étaient à la base de la réception des dons spirituels. Cette action humaine va permettre l’accomplissement l’action divine selon plusieurs moyens:
Après avoir prié personnellement pour la réception des dons, dans un état d’esprit convenable, un chrétien pourra en sentir la manifestation intérieure dans une circonstance déterminée (manifestation de prophétie, ou le parler en langues pour un message à l’assemblée, ou l’interprétation, ou de quel qu’autre don). Il devra alors faire l’ACTE de FOI (action volontaire) pour extérioriser le don qui vient de lui être révélé et devra y persévérer dans la soumission et la consécration.
Paul, écrivant à Timothée, mentionne deux fois la pratique de l’imposition des mains pour la réception des dons de l’Esprit (1Tim 4/14; 2Tim 1/6). Cette imposition des mains fut faite par les anciens (dont Paul faisait partie). Les dons ainsi communiqués se révèlent et s’exercent de la même manière que précédemment.
Dans le cas de Timothée que nous venons de voir, l’imposition des mains a été accompagnée d’une prophétie, de la part d’un ancien, pour préciser le don que le Saint-Esprit lui octroyait. Toutefois, les deux actions peuvent être indépendantes et une prophétie peut très bien indiquer à un chrétien le don qu’il a reçu afin de l’encourager dans sa manifestation.
Dans 1Thes 5/19, Paul déclare: “n’éteignez pas l’Esprit“. C’est qu’en effet, son action, et, par conséquent, ses dons peuvent être peu à peu amenuisés et mis en “sommeil” par un manque de pratique, par un manque de foi, par incrédulité ou par résistance à leur manifestation. D’autre part, un état d’Esprit d’accusation à cause du péché peut entraver la manifestation de la foi pour exercer les dons.
Peut-être à cause de son tempérament craintif, Timothée était-il tombé dans ce défaut. Paul l’encourage d’abord à ne pas négliger ce don précieux qu’il possède (1Tim 4/14); puis, plus tard, à “ranimer” ou à “réveiller” en lui le don ainsi endormi par négligence (2Tim1/6). Ceci nous montre la grande responsabilité de l’homme dans l’exercice des dons divine.
Le fruit de l’esprit est manifestation et le produit de la vie divine communiquée au croyant par le Saint-Esprit lors de sa conversion. Le fruit de l’Esprit peut apparaitre instantanément dans la vie du converti ou se manifester progressivement au fur et à mesure que la vie spirituelle se développe (c’est le cas le plus courant).
Comme son nom l’indique, sa nature est l’origine et de manifestation spirituelles, c’est-à- dire suscitée par le Saint-Esprit. Il en est la source, le producteur à l’intérieur du croyant qui en est le récepteur et le porteur comme la branche d’arbre porte le fruit produit au travers d’elle par la sève (la vie) du tronc (Jn 15/1.8). Ce fruit n’est pas le résultat des efforts humains pour s’améliorer; il est la manifestation de la vie de Christ dans le croyant qui s’est identifié par la foi à la mort et à la résurrection de Jésus (Gal 2/20). Ce fruit est le résultat de la nouvelle alliance par le Saint-Esprit qui imprime à l’homme nouveau le caractère de Jésus-Christ (Phi 1/11).
Dans Gal 5/22-23, Paul énumère neuf manifestations du fruit de l’Esprit:
1°) L’amour: Premier cité par ce qu’il englobe toutes les autres manifestations. Il est l’expression de la nature divine (1Jn 4/16). Il permet (chose impossible au cœur naturel) d’aimer même nos ennemis (Mt 5/46-47). Il est invariable et ne dépend pas des circonstances (Act 15/30; 2Tim 4/11). Il se sacrifie (Jn 10/11, 15 ,17; 15/13; Rom 5/7-8; 1Thes 2/8). Il se discipline (1Cor 5/2; Heb 12/6-10), il est, pour cela désintéressé et juste. Paul le résume bien dans 1Cor 13/4-7. Il est le lien de la perfection, (Col 3/14).
2°) La joie : Elle n’est pas naturelle car elle n’est pas liée aux circonstances. Elle est la joie du salut (Mt 13/36; Act 8/39; 16/34) pour soi-même et pour les autres (Act 15/3). C’est la joie du service désintéressé (Hab 3/18; Ph 4/4), celle que Jésus lui-même a manifesté (Jn 4/34; Luc 15/5; 10/21), celle qui résulte de l’amour de Dieu pour lui-même et non pour ce qu’Il peut accorder.
3°) La paix : Ce n’est pas un sentiment humain de sécurité, c’est la paix de Dieu qui demeure au travers de toutes les circonstances (Jn 14/27; Rom 16/20; 2Cor 13/11). Cette paix trouve sa source dans la justification obtenue pour nous par Christ à la croix (Rom 5/1; Eph 1/20); elle doit être croissante. Cette paix peut être troublée par les occupations, les soucis ou les désirs de notre esprit pour les choses de la chair ou de la terre. Le maintien de la paix en nous dépend donc d’une discipline par l’attachement à rechercher les choses de l’Esprit (Ps 119/65; Rom 8/6; Phil 4/6-7; Col 3/1-2). Cette paix intérieure du croyant se répercute sur son entourage et particulièrement dans l’assemblée (Col 3/15), dans l’exercice des dons (1Cor 14/33).
4°) La patience : Elle fait partie des attributs fondamentaux de Dieu (Ex 34/6; 1Tim 1/16). C’est une action de la volonté pour supporter ce qui n’est pas digne de l’être. La patience du chrétien est puisée dans la communion divine (Col 1/11). Elle est souvent le résultat de longues épreuves ou difficultés répétées dans la formation par le Saint-Esprit. Elle est la marque d’un serviteur de Dieu approuvé (2Cor 6/4-6; 2Tim 4/2).
5°) La bonté : C’est la qualité de ce qui est équilibré entre la justice et l’amour, ce qui est sain et honnête. Cette bonté a une action préservatrice contre le mal et la destruction (Mt 5/30; Phi 4/8). Elle a une action constructive, elle enrichit l’entourage (Mt 12/35; 5/16; Col 1/10; Tit 3/8; 1Pi 2/12). Elle est la caractéristique d’un chrétien en étroite communion avec son Dieu, Lui qui est la bonté suprême (Nah 1/7; Mc 10/18; Act 9/36; 11/24).
6°) La bienveillance (bénignité) : Elle est l’expression d’une grande puissance maintenue dans un contrôle parfait et doux (Es 40/10-12; 42/3; 2Cor 10/1; 1Thes 2/7). Cette bienveillance doit s’exprimer dans l’assemblée envers les nouveau-nés spirituels aussi bien quand ils doivent être repris que quand il s’agit d’accomplir une tâche (1Tim 3/16; 2Tim 2/24-25; 4/2; Jc 3/17).
7°) La fidélité : La fidélité est la base des rapports mutuels tant sur le plan humain que divin: aucune relation n’est valable sans cette qualité. Elle fait partie des attributs fondamentaux de Dieu (1Cor 1/9; 2Tim 1/12; 1Thes 5/24; Heb 2/17; 8/9-10; Apo 3/14). Le chrétien est appelé à manifester ce caractère (1Cor 7/25; Col 1/7; 4/9, 12). Le serviteur de Dieu doit le manifester dans son ministère dans son ministère (1Cor 4/2, 17) en dispensant fidèlement le conseil de Dieu (Act 20/27) en étant fidèle dans ses engagements et ses affaires, fidèle à sa parole.
8°) La douceur : Elle est un trait dominant de la personne de Christ et de son enseignement. Elle n’est pas de la faiblesse; elle est une force calme et désintéressée qui sait doser l’autorité, la fermeté, la sévérité, quand cela est nécessaire, avec la bonté, la justice et la miséricorde. Moïse en est un exemple dans l’Ancien Testament: Plein de zèle et de sévérité lorsqu’il défend les intérêts de Dieu, plein d’abnégation et d’humilité quand il s’agit de ses intérêts propres. Dans le Nouveau Testament, Jésus lui-même en est le modèle suprême: “Le zèle de ta maison me dévore“, “Je suis doux et humble de cœur” (Mt 11/29; Jn 2/17; Gal 6/1; 1Cor 4/21; 1Pi 3/4, 15).
9°) La tempérance (contrôle de soi-même) : Ce mot couvre non seulement les manifestations physiques de l’homme mais aussi les comportements moraux et spirituels. La tempérance est une modération en toutes choses; elle est un signe de maturité spirituelle dans la grâce du Saint-Esprit. La bonne attitude est décrite dans 1Cor 6/12 en ce qui concerne les choses légitimes de la vie du corps. De plus, une notion d’amour par le Saint-Esprit demandera de se passer de certaines choses, pourtant légitimes, pour ne choquer personne (Rom 14/23-33; 1Cor 8; 10/23-33). D’autre part pour une plus grande disponibilité spirituelle, l’exercice du jeûne pourra avoir de l’efficacité, sans, toutefois, être une loi. Il peut y avoir des intempérances morales, la colère (Pro 16/32; Jc 1/19-20), les bavardages inutiles (Jc 1/26; 3/2), les propos douteux ou déplacés (Mt 12/36; Eph 5/3-4); il y a aussi des intempérances dans le domaine spirituel: abus dans les prières publiques, dans les dons spirituels, dans les prédications, dans l’autorité ecclésiastique, etc…)
Nous venons de voir que le fruit de l’Esprit manifeste dans le croyant la nature divine et reproduit en lui le caractère de Jésus-Christ dans une ressemblance morale. Il est le résultat d’un principe de vie qui se développe, qui croît et qui, pour cela, demande du temps.
Les dons de l’Esprit, au contraire viennent soudainement, étant une grâce extérieure, et peuvent se manifester à n’importe quel moment de la vie chrétienne, en fonction des besoins de l’Eglise et de la maturité spirituelle du receveur.
Maintenant, remarquons que s’il y a neufs dons de l’Esprit, il y a aussi neuf manifestations du fruit de l’Esprit (1Cor 12/8; Gal 5/22-23). Nous pouvons voir là une volonté d’équilibre de la part de Dieu dans l’agencement du plan spirituel, du fonctionnement de l’Eglise. Mais il doit en être de même sur le plan de la vie spirituelle individuelle. Paul, sous l’inspiration du Saint-Esprit (Théopneustie), met ce équilibre en évidence dans le contenu des chapitres 12, 13 et 14 de sa première épitre aux Corinthiens où, entre le principe (12) et l’application des dons spirituels (14), il insère le principe fondamental et le résumé du fruit de l’Esprit: l’Amour (13). La transition entre les deux sujets établit cette volonté d’équilibre: “Recherchez l’Amour. Aspirez aussi aux dons spirituels” (14/1). Les uns peuvent-ils donc agir sans l’autre ? – Oui, Paul l’affirme, des dons peuvent être exercés par des membres baptisés du Saint-Esprit parce qu’ils ont manifesté la foi pour saisir ces dons extérieurs, alors que leur vie intérieure, leur fruit spirituel, leur sanctification, sont loin d’être satisfaisants (1Cor 13/1-3).
En effet, le baptême du Saint-Esprit n’est pas un diplôme de sainteté. S’il a pour condition de réception la conversion par la foi en l’œuvre de Christ et la purification par le sang ( Heb 13/12), par la Parole (Jn 17/17) et par l’Esprit (1Pi 1/2), il n’est toutefois pas la garantie de la continuité de sanctification dans le cœur du croyant. Ce dernier peut avoir beaucoup dévié dans sa conduite tout en manifestant encore la foi nécessaire à l’exercice de dons authentiques. L’état de l’Eglise de Corinthe en est une illustration; il n’y manquait aucun don (1Cor 1/7) alors qu’on y trouvait de l’immoralité, des désordres, des divisions. Toutefois, ces dons exercés dans un tel état de cœur, bien qu’ils soient divins, ne trouvent que peu de crédit parmi les auditeurs et perdront leur efficacité. Il sera donc important de veiller à l’équilibre foi-sanctification qui conduira à l’équilibre dons-fruit de l’Esprit.
Bien que nous étudierons plus tard les ministères dans le cadre de l’étude de l’Eglise (Ecclésiologie), il est important de les situer par rapport à leur source qui est le Saint-Esprit au travers de l’œuvre de Jésus-Christ. Il est aussi important de définir dans ce contexte leur nature et leur relation avec les dons et le fruit de l’Esprit.
Le mot “Ministre” vient du mot latin “minister” qui signifie “serviteur” et le mot “ministère” vient du latin “ministerium” qui signifie “métier” ou “fonction”. Le ministère est donc une tâche, une charge ou une fonction accomplie par quelqu’un ayant les qualités requises pour cet emploi et l’exerçant de manière courante.
Dans le cadre du Nouveau Testament le mot “ministère” vient du grec “diakonia” qui veut dire “service” et le mot “ministre” vient du mot grec “diakonos” qui veut “serviteur”. Nous trouvons ces termes dans Rom 12/7; 1Cor 3/5; 2Cor 3/6; 6/4; 11/15,23; Gal 2/17; Eph 3/7; 6/21; Col 1/7,25; 4/7; Ph 1/1; 1Thes 3/2).
D’après tout ce que nous venons de constater dans l’Ecriture nous pouvons définir ce qui suit:
On ne peut comparer que des choses distinctes et de même nature; il faut donc établir cette distinction:
Si, par exemple, on considère que le don de prophétie est diffèrent du ministère de prophète (ce qui est généralement admis de tous) il faut aussi admettre la distinction entre les dons de la parole, de sagesse ou de connaissance et le ministère de docteur; de même, la distinction entre les dons des miracles ou des guérisons et le ministère d’évangéliste.
S’il est vrai que ces dons peuvent accompagner ces ministères, ils n’en sont pas, pour autant, les ministères eux-mêmes. Beaucoup de véritables évangélistes, au cours des âges, ont amenés des milliers d’âmes à la conversion sans avoir jamais manifesté les dons des guérisons ou des miracles. Beaucoup d’authentiques docteurs, oints de l’Esprit, inspirés et dirigés par Dieu dans leur enseignement n’ont pas exercé les dons de la parole de sagesse ou de connaissance en tant que don ponctuel défini plus haut; cependant, par l’Esprit, ils ont puisé dans les trésors de la sagesse et de la connaissance divine, leur esprit ayant été illuminé (Eph 1/17-19; Col 1/9-11).
Le fait que les dons spirituels puissent être exercés par n’importe quel croyant baptisé du Saint-Esprit, à un moment particulier, selon les besoins, de l’Eglise, les différencie forcément des ministères, lesquels, par définition, s’exercent en permanence en tant que fonctions établies par Dieu dans l’Eglise.
Toutefois, remarquons que dans certains cas, un don particulier peut s’exercer avec une telle fréquence et une telle régularité qu’il peut devenir un “don-ministère” dans lequel le possesseur devient un “spécialiste” (prophétie, guérisons, discernement des esprits). Mais ce ne peut être là une règle générale car elle entrerait en contradiction ou laisserait bien des lacunes dans plusieurs ministères.
D’autre part, dans la pratique, il nous faut faire une différence entre les ministères- dons, véritables charismes du Saint-Esprit, établis par Dieu dans l’Eglise, et les ministères humains, fruits de la volonté humaine, sans aucune valeur charismatique. Certains dons spirituels peuvent s’exercer dans ces vies au même titre que chez n’importe quel chrétien baptisé du Saint-Esprit.
Nous avons vu que les dons et le fruit de l’Esprit ont la même source: le Saint-Esprit; ils ont aussi le même terrain d’application: le cœur humain et l’Eglise. Nous avons également vu que leur manifestation saine demande un équilibre entre la FOI et la SANCTIFICATION et que c’est à ce niveau qu’un décalage peut avoir lieu.
Il en est exactement de même dans la relation ministères-fruit de l’Esprit: un chrétien peut manifester la foi pour exercer le ministère qu’il a reçu, sans, pour autant, persévérer dans la sanctification. Le fruit de l’Esprit pourra s’étioler, s’amenuiser dans sa vie et le péché pourra prendre de plus en plus de place, alors qu’il continue à exercer son ministère.
Dieu fera tout pour sauver le ministère qu’il a établi et qui n’est pas la propriété de celui qui l’exerce, mais un don de Dieu à l’Eglise. Il avertira, conduira, reprendra le coupable pour le ramener dans des voies justes.
Mais, si celui-ci s’endurcit, Dieu finira par le destituer de son ministère, lequel sera alors accordé à quelqu’un d’autre. Le ministère est donc confié (prêté) à l’homme.
Il est donc important de veiller à maintenir un bon équilibre entre les ministères et le fruit de l’Esprit dans la vie de l’Eglise par une “marche par l’Esprit”, par la sanctification. C’est cet équilibre que l’apôtre Paul traite à la suite de l’exposé des ministères dans Eph 4/17 à 5/21.
Nous ne verrons pas ici la description des ministères et leurs applications, cela étant le sujet d’une autre étude. Nous ne relèverons que les ministères se trouvant dans des listes textuelles de la Parole de Dieu, en indiquant les dons pouvant s’exercer (mais pas nécessairement) dans le cadre de chacun d’eux.
Les principaux dons de l’Esprit que nous avons étudiés plus haut se trouvent dans 1Cor 12/7-11. Ces neuf dons ont une manifestation extérieure surnaturelle. Cependant d’autres dons sont cités dans Rom 12/6 et 1Cor 12/28 comme étant des dons (charismes) du Saint-Esprit au même titre (dans la même liste) que les ministères les plus importants. Toutefois, leur manifestation extérieure, bien que portant la marque divine, n’a pas la même expression de surnaturel que les neuf premiers. Pour faire la distinction avec ceux-ci, nous appellerons ces derniers “qualifications spirituelles” en gardant bien dans la pensée qu’elles sont des “dons” de l’Esprit et non de simples qualifications humaines.
1°) Les ministères universels.
Ils ne sont pas liés à une assemblée particulière, mais peuvent s’exercer sur plusieurs assemblées en des temps plus ou moins longs. Ils peuvent même prendre, en certains cas, un aspect d’itinérance. Ils sont au nombre de cinq: apôtre, prophète, évangéliste, pasteur, docteur (certains commentateurs unissent les deux derniers ministères, mais leur expression peut être indépendante).
2°) Les ministères locaux.
Ils sont particulièrement attachés à une assemblée locale et n’ont pas la portée universelle des précédents.
Il a un rôle de pasteur local et peut posséder tous les dons et qualifications du ministère de pasteur.
Ce que nous venons de voir concernant les dons et les qualifications pour les ministères, ne sont que des indications préférentielles d’utilité et peuvent exercer le don des langues, ou l’interprétation des langues, ou la prophétie, ou une quelconque des qualifications mentionnées, au même titre que n’importe quel chrétien dans l’Eglise, d’une manière ponctuelle et non comme un ministère.